Dimanche 25 novembre 2007
Après un vol sans encombres (et sans sommeil pour ma part), nous arrivons à Casablanca au petit (mais alors tout petit) matin.
Le contraste avec le Niger est saisissant.
Les infrastructures, la population, la ville, après un mois passé dans un des pays le plus pauvre du monde.
C'est à ce moment, en retrouvant cette "civilisation", que je me rend compte de l'état du Niger.
Maintenant au programme une halte de 36 heures avant de repartir pour la France.
On a réquisitionné l’appartement de ma grand-mère, et un chauffeur nous attend à l’aéroport : on est comme des princes.
A peine montés dans le taxi, le téléphone de Mustapha (chauffeur attitré de ma grand -mère) sonne.
D'ailleurs c'est elle (elle passe ses vacances en France) qui veut savoir si tout se passe bien.
Je pense qu’elle a du appeler mes parents juste après car on a à peine le temps d’arriver, de récupérer les clés chez le concierge et de poser nos affaires que le téléphone sonne.
On se sent presque traqués : tous nos parents devaient savoir qu’on était à Casablanca avant même qu’on soit dans l’appartement.
L’appartement se trouve au quinzième étage d’un immeuble avec vue sur le port et la grande
mosquée.
Pendant que les trois autres font la sieste, je rêve sur le balcon en contemplant la ville.
Je profite aussi de la brise qui viens de l’océan.
Un mois d’air moite, ça commence à suffire.
Je n’ai presque pas dormi dans l’avion et pourtant je n’ai pas sommeil.
Je repense à tout ce qu’on a vécu, les rencontres, les malades, les enfants, les compas de Saint-Brieuc.
Je pense aussi à ma maladie, ce foutu palu qui vas me rester jusqu'à la fin de mes jours.
Enfin, mes pensées se perdent du coté de Nana : ai-je trop attendu, veut elle attendre le retour en France pour ne pas poser de problèmes dans l’équipe, ou restera-t-elle inaccessible pour
moi ?
Vers 11 heures les autres commencent à émerger. Pour continuer à jouer mon rôle de chieur, j’insiste pour qu’on fasse le journal de bord, car en France je sais qu’on ne le fera pas.
Puis le reste de la journée se passe tranquillement entre les courses pour le repas de midi, le repas et un petit tour jusqu'au port, passage à la mosquée, baignade pour Soulé, bref on glande et
ça fait du bien..
Et le soir, on vas enfin dans un restaurant digne de ce nom.
On se gave de tajines et de salades diverses.
Après un mois à manger la même chose tous les jours, je me lâche. Je finit même la salade aux crevettes d’Aïssa (détail qui peut vous paraître insignifiant, mais prendra toute son importance
demain).
Une vraie bonne nuit (malgré un lever à 8 heures), et on commence à tout ranger une dernière fois.
Comme on a un peu de temps devant nous (on ne repart que vers 18 heures), je les emmène visiter le quartier des habous, dans la vielle ville.
Avec mes maigres souvenirs (mon dernier passage au Maroc remontait à environ 10 ans), je retrouve dans une ruelle la meilleure pâtisserie de Casa (pour manger, j'ai toujours eu une bonne
mémoire).
On fait une grosse razzia, non seulement pour midi, mais aussi en prévision du retour en France (enfin pas moi, ma sus-nommée grand mère en ramène tous les ans).
Puis commence l’attente interminable du taxi qui vas nous amener à l’aéroport.
Je sais pas si c’est le fait de renter à la maison, la fin d’un mois si fort, mais j’ai le ventre noué.
Durant tout le vol, je me tiens le ventre, il doit y avoir autre chose que le stress du retour.
Quand enfin on pose le pied à Blagnac, on est attendu par un imposant comité d’accueil : nos familles plus quelques amis sont là. Le calme, ça sera pour demain.
Il vas falloir maintenant que j’annonce la bonne nouvelle à ma famille. J’ai le palu.
Il faudra aussi que je pense à remercier Aïssa.
Le lendemain j’ai appris que ses crevettes m’ont filé des salmonelles (C’est une maladie qui m’a duré 6 mois).
~ FIN ~
Pour illustrer ce dernier épisode, une photo qui n'a rien à voir avec cette journée :
la salle d'attente de la maternité de l'hôpital public de Niamey:
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