Mon voyage au Niger

Mardi 27 novembre 2007


Agali est célèbre.
Nana, Aïssa et Soulé le sont aussi.

Agali est malade sur la photo.
Nana, Aïssa et Soulé sont en forme (les veinards).


Entrefilet paru dans la Dépêche du midi datée du 30 Août 2001.
Du grand journalisme toulousain.

De retour du Niger Dépêche du midi 31/08/2001


Par Agali
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Dimanche 25 novembre 2007

Après un vol sans encombres (et sans sommeil pour ma part), nous arrivons à Casablanca au petit (mais alors tout petit) matin.
Le contraste avec le Niger est saisissant.
Les infrastructures, la population, la ville, après un mois passé dans un des pays le plus pauvre du monde.
C'est à ce moment, en retrouvant cette "civilisation", que je me rend compte de l'état du Niger.


Maintenant au programme une halte de 36 heures avant de repartir pour la France.
On a réquisitionné l’appartement de ma grand-mère, et un chauffeur nous attend à l’aéroport : on est comme des princes.

A peine montés dans le taxi, le téléphone de Mustapha (chauffeur attitré de ma grand -mère) sonne.
D'ailleurs c'est elle (elle passe ses vacances en France) qui veut savoir si tout se passe bien.

Je pense qu’elle a du appeler mes parents juste après car on a à peine le temps d’arriver, de récupérer les clés chez le concierge et de poser nos affaires que le téléphone sonne.
On se sent presque traqués : tous nos parents devaient savoir qu’on était à Casablanca avant même qu’on soit dans l’appartement.

L’appartement se trouve au quinzième étage d’un immeuble avec vue sur le port et la grande mosquée.
Pendant que les trois autres font la sieste, je rêve sur le balcon en contemplant la ville.
Je profite aussi de la brise qui viens de l’océan.
Un mois d’air moite, ça commence à suffire.

Je n’ai presque pas dormi dans l’avion et pourtant je n’ai pas sommeil.
Je repense à tout ce qu’on a vécu, les rencontres, les malades, les enfants, les compas de Saint-Brieuc.
Je pense aussi à ma maladie, ce foutu palu qui vas me rester jusqu'à la fin de mes jours.

Enfin, mes pensées se perdent du coté de Nana : ai-je trop attendu, veut elle attendre le retour en France pour ne pas poser de problèmes dans l’équipe, ou restera-t-elle inaccessible pour moi ?


Vers 11 heures les autres commencent à émerger. Pour continuer à jouer mon rôle de chieur, j’insiste pour qu’on fasse le journal de bord, car en France je sais qu’on ne le fera pas.
Puis le reste de la journée se passe tranquillement entre les courses pour le repas de midi, le repas et un petit tour jusqu'au port, passage à la mosquée, baignade pour Soulé, bref on glande et ça fait du bien..


Et le soir, on vas enfin dans un restaurant digne de ce nom.
On se gave de tajines et de salades diverses.
Après un mois à manger la même chose tous les jours, je me lâche. Je finit même la salade aux crevettes d’Aïssa (détail qui peut vous paraître insignifiant, mais prendra toute son importance demain).


Une vraie bonne nuit (malgré un lever à 8 heures), et on commence à tout ranger une dernière fois.


Comme on a un peu de temps devant nous (on ne repart que vers 18 heures), je les emmène visiter le quartier des habous, dans la vielle ville.
Avec mes maigres souvenirs (mon dernier passage au Maroc remontait à environ 10 ans), je retrouve dans une ruelle la meilleure pâtisserie de Casa (pour manger, j'ai toujours eu une bonne mémoire).
On fait une grosse razzia, non seulement pour midi, mais aussi en prévision du retour en France (enfin pas moi, ma sus-nommée grand mère en ramène tous les ans).


Puis commence l’attente interminable du taxi qui vas nous amener à l’aéroport.

Je sais pas si c’est le fait de renter à la maison, la fin d’un mois si fort, mais j’ai le ventre noué.
Durant tout le vol, je me tiens le ventre, il doit y avoir autre chose que le stress du retour.

Quand enfin on pose le pied à Blagnac, on est attendu par un imposant comité d’accueil : nos familles plus quelques amis sont là. Le calme, ça sera pour demain.


Il vas falloir maintenant que j’annonce la bonne nouvelle à ma famille. J’ai le palu.



Il faudra aussi que je pense à remercier Aïssa.
Le lendemain j’ai appris que ses crevettes m’ont filé des salmonelles (C’est une maladie qui m’a duré 6 mois).


~ FIN ~


Pour illustrer ce dernier épisode, une photo qui n'a rien à voir avec cette journée :
la salle d'attente de la maternité de l'hôpital public de Niamey:

Maternité de Niamey



Par Agali
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Jeudi 22 novembre 2007

Le lever à 7 heures est bien dur, mais c’est le dernier alors on fait un petit effort.

Puis comme toujours, Aboubacar est en retard.
J’ai tout le temps de le maudire pendant les deux heurs d’attentes.
J'enrage : c’est con de perdre du temps le dernier jour.


Arrivé à Thiebon, on se sépare en groupes : les filles retournent à l’atelier pour acheter des objets qu’on vas revendre en France pendant que Soulé et moi nous occupons des dernières formalités.

L'atelier (géré par Thiebon) emploie des handicapés qui fabriquent (outre des fauteuils roulants), des objets en os de chameau et des portefeuilles en cuir de chèvre.
On a décidé de ramener ces objets et d'en vendre pendant nos expos (on est partis, mais le budget n'était pas bouclé).

Atelier fauteuil roulant Thiebon Niamey

De notre coté, Soulé et moi passons passons à la Royale Air Maroc pour confirmer nos billets, ce qui nous prends environ 10 minutes.

Et on a vraiment bien fait d'y passer.

A la banque (pour notre dernier chèque voyage), on croise les gars de Saint-Brieuc.
Ils sont dégouttés : il n’y a plus de place dans leur avion, et à priori ils doivent rester une semaine de plus au Niger, sans argent et sans savarine.
Bref, que du bonheur.


Pour notre dernier resto au Niger, on vas faire très fort : restaurant chinois.
Un orage éclate quand on met les pieds dehors, et le temps d’arriver au resto on est trempés, un peu comme si on avait dû traverser le fleuve Niger à la nage.
Mais ce sacrifice n'est pas vain : salades, poulet ananas, bœuf gingembre, nems !
Putain, ça change.


Ce qui change pas c’est l’organisation : on est obligé de faire l’addition avec le serveur.
Il faut vraiment qu’on parte car ça deviens de pire en pire.


Puis passage obligé par le local scout.
On leur donne le matériel tant attendu.
Avec les draps, on fait des banderoles où chacun marque un petit mot.
Puis vient la séance des photos et finalement les adieux, avec des larmes pleins les yeux, mais on a réussi à retenir le plus gros.

Adieux aux scouts Niamey


Le soir nous allons finalement manger chez Louis avant de partir pour l’aéroport vers une heure.
Après une journée comme ça, on tombe littéralement de fatigue.


Après avoir encore fait nos adieux à tous le monde (comme toute la journée) nous embarquons et nous quittons le sol du Niger.



Par Agali
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Samedi 17 novembre 2007

Levé à Issa-Beri à 7h30 car on avait rendez vous avec le staff d’Emmaüs, qui travaille en étroite collaboration avec Thiebon.
C’était sans compter sur la ponctualité (désormais légendaire) d’Aboubacar, qui arrive avec 2 heures de retard.


Arrivé au local de Thiebon, nous voyons enfin notre malle avec tous le matos (crayons, peinture, T-shirts, draps pur faire des banderoles…).
Au moins il ne navigue pas en plein Niger sans personne pour le récupérer.
Par contre, en faisant le compte, on remarque qu'il manque 20 T-shirts, les douanier de Cotonou ont du se servir.

Pendant que les filles vont se faire faire des tresses chez la femme de Louis, je rentre avec Soulé retrouver les autres compas à Issa-Beri. Puis on part au resto.


Vers 17 heures, nous avons rendez vous avec toute les équipes françaises présentes au Niger (il y en a 4) pour aller faire un tour en pirogue sur le fleuve Niger.

Arrivée dans un centre à touristes… où il n’y avait que des touristes ! Les équipes se sont séparées pour aller dans les pirogues.

pirogue sur fleuve niger


Petit tour sur le fleuve en espérant voir des hippopotames à 2 cm au dessus de l’eau (la pirogue, pas les hippos). Le tour a duré une demie heure.

Malgré le cadre magnifique, nous ressentions un léger malaise. Pas le mal de mer (enfin pas pour moi en tous cas), mais nous ne nous sentions pas à notre place.

Ca faisait un trop gros décalage avec notre expérience auprès des lépreux et des gamins.

Je n'ai jamais été à l'aise dans un rôle de touriste.
Alors imaginez mon supplice : j'étais responsable de prendre des photos pour notre exposition de retour. Je me suis promené un mois avec l'appareil photo en bandoulière !


Après cette escapade, nous nous retrouvons autour d'un jus de mangue pour échanger nos expériences. Nous avons tous sensiblement vécu la même chose, que ce soit avec des lépreux, des prisonniers ou des villageois au fin fond de la brousse.

Sur le plan sanitaire, je suis en bonne position avec ma crise de palu (je suis le seul), d'autres se sont retrouvés avec de méchantes tourista.
Mais la palme revient à une fille qui a attrapé des amibes.


Retour à Issa-Beri. Foot, resto, puis quelques uns sont allé en boite pendant que nous 4 partons nous coucher pour notre dernier nuit au Niger.

Par Agali
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Dimanche 11 novembre 2007

Afin d'éviter toute mauvaise surprise, Adamou, Salif et sa famille nous accompagnent à la SNTV à 7h30.
Quelques scouts nous y rejoignent.

Départ prévu vers 8h30.
Finalement le bus (qui est parti de Zinder) arrive vers 10h.
En ajoutant le temps de chargement, c'est vers 11h que nous prenons enfin le départ vers Niamey.


Chargement bus retour Niamey Niger


Et c’est parti.

Le voyage s'annonce long : au bout des premiers 200 mètres, le bus accroche une voiture : ça commence bien !
Palabres, serrage de mains et après une petite dizaine de minutes c’est reparti.

Heureusement c’est le seul incident du voyage. Puis par rapport à l'aller, je constate que les vieux bus ont un avantage : même s’ils font un boucan d’enfer, on y est moins à l’étroit (on n’est que 4 par rangés au lieu de 5).

Notre seul problème est (une foi de plus) le décalage entre notre culture et la culture nigérienne : ils n’hésitent pas à jeter leurs poubelles par la fenêtre du bus, et nous disent de faire pareil.
On le fait, mais avec un énorme sentiment de culpabilité.
On a d'ailleurs remarqué cela un peu partout, en ville bien sur mais aussi dans les villages de brousse : les gens se débarrassent des déchets n'importe où.
On a même vu des sacs plastique joncher le sol de Yaboni.

Entre les prières et les arrêts pipi, nous faisons 7 pauses.
Finalement, après 10 longues heures de trajet sans histoires nous arrivons à Niamey.

Notre comité d'accueil est exclusivement du aux membres de l'ONG Thiebon.
Ils nous emmènent Issa-Beri (notre premier lieu de couchage au Niger) où nous retrouvons les gars St Brieuc.

Ils nous font un bref debriefing de leur voyage à Agadez :
Ils se sont fait arnaqué de tous les cotés, que ce soit pour la visite du musée ou pour le prix de la location de chameaux.
Enfin bon, ils sont content, c'est le principal (puis il faut bien accepter d'être pris pour des vaches à lait).


Le soir, dîner avec toute les équipes compagnon Française (c'est à dire nous, St Brieuc et trois filles de Dinan) au restaurant du centre culturel franco-nigérien.
Ca change un peu de l’excellence et du Prestige. Mais le service n’est pas plus rapide.


De retour à Issa-Beri nous partons dans un délire en chech et djellabas dans les couloirs.


Après avoir bien foutu le bordel, on se couche vers 2h.
J’ai encore du mal à m’endormir.
Mais cette fois je ne pense pas a Nana, je repense à Maradi. On commençait à être connus là bas.
On avait nos habitudes aux restos, au tablier, on connaissait les voisins et on ne se perdait plus en ville.
Niamey me paraît plus sale, plus froide et beaucoup plus impersonnelle. Je m’y sent mal à l’aise.


J’ai vraiment aimé Maradi.

Par Agali
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