C'est le passé

Dimanche 9 décembre 2007

Y'a pas à tortiller du c..., les scouts c'est quand même une sacré école de la vie.
Bien sur la vie en communauté, le respect des autres, l'entraide, bla bla bla...

C'est aussi généralement le lieu de toutes les expérimentations de la jeunesse et ses résultats plus ou moins positifs.
C'est donc le cadre idéal pour un bon nombre de premières fois.
Me reviennent en mémoire :


Le premier Nirvana à l'age de 11 ans.
Alors oubliez toute histoire de sexe ou de drogue, pensez Rock'n'roll.
Lors d'une répétition (j'étais premier, et unique, saxo du groupe) un "vieux" (d'au moins 13 ans) avait amené Smells like teens spirit, et nous l'a fait écouter.
J'avais jamais écouté un truc comme ça (à la maison, le Rock, c'était plus Dick Rivers et Eddy Mitchell, donc ça contrastait un peu).
Ca m'a marqué puisque j'ai acheté l'album quelques mois plus tard (ben ouais, avec mon argent de poche, il fallait quelques mois pour acheter un CD) et que j'en parle 16 ans après.



Le premier Frigo emballé.
C'est très con comme souvenir, mais à Noël on faisait les paquets cadeaux chez Carrouf pour alimenter la caisse du groupe.
Les gens ne se gênaient pas pour amener des trucs loufoques (et chiant) à emballer.
Et le pire c'est que ça nous éclatait. Ben ouais, emballer des bouquins, des CDs et des boites de chocolats à longueur de journée, c'est moyennement drôle.
Tandis qu'un Frigo, un vélo (pas dans un carton), ou un Obélix en peluche plus grand que moi (je devais avoir 12 ans), c'est vachement plus divertissant.



La première gueule de bois, qui suit inévitablement la première cuite.
La mienne c'était au muscat, lors d'un camp dans le Larzac.
Le réveil a été dur, et la randonnée terrible.
Lors de ce même camp, nous étions entrés (par effraction, bel esprit) dans une cabane de chasseurs.
Excusez notre inexpérience quand nous avons vidé nos gourdes d'eau pour les remplir de ... pastis (à la guerre comme à la guerre, c'est pastis ou eau, mais pas les deux !).



Les premières filles.
Mais nous c'était la loose, c'était mixte qu'a partir de 15 ans.
M'enfin bon, faites camper une quinzaine de jours un groupe (mixte) d'adolescents, surveillez pas trop les tentes la nuit, voire même laissez les partir seuls deux ou trois jours... bon je vous fait pas un dessin.
Cet été j'ai assisté à plusieurs mariages plein de scouts.
Il a été dit que le scoutisme était la meilleure agence matrimoniale du monde.
J'ai aucun mal à le croire.



Y'a aussi eu des trucs moins marrant, comme les premières situations de crise.

Genre quand un gosse dont on a la responsabilité se reverse une marmite d'eau bouillante sur le pied, et qu'il faut le renvoyer chez lui en expliquant aux parents ce qui s'est passé (puis le soulagement quand ces mêmes parents disent quelques temps plus tard qu'il n'y a aucune séquelle grâce à la qualité des premiers soins).



Enfin bref, je vais pas faire le tour de toutes les premières, car presque toutes sont dues à mon passé scout.


En souvenir de ce bon vieux temps, un petit clip de Nirvana, avec paroles corrigées (accrochez vous si vous ne comprenez pas l'anglais !)
  



Par Agali
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Jeudi 13 septembre 2007


Un jour on est parti à 8 copains faire un tour en montage,
Alors pour faire un topo, si les étaient du genre randonneurs de la mort, moi c’était plus du genre petite ballade et sieste au bord d’un lac (avec un petit pack de bières, c’est l’idéal).
A ma grande joie (ironie), ce tour en montagne durait une semaine, pour relier deux chalets en haute Ariège.


Même pas peur, mon passé scout ayant laissé dans la cave familiale des trésors tels qu’un sac à dos, un bon duvet et des chaussures, un peu petites et moyennement étanches (mais de bonnes grole, hein, pensez, je les ai depuis 1996, la rando c’était en 2000 et je m’en sers encore en 2007), je pouvais affronter mon destin (au moins) sans craintes.

A cœur vaillant rien d’impossible, c’est avec ce genre de phrase à la con qu’on se retrouve a 6h30 du matin avec 15kilos sur le dos entrain de monter un chemin relativement très escarpé.


Première étape, première erreur.
Harassés et fourbus (admirez le style), nous décidons de faire nos ablutions (admirez toujours) prés du refuge où nous comptions passer notre nuit.
Alors comme on est des grosses trumes (heu, vous pouvez arrêter d’admirer là), effet de groupe aidant et de pas chiche en t’es pas cap, on s’est retrouvé à se baigner dans un abreuvoir, à environ 1000m d’altitude (donc super froid), mais qui par-dessus tout puait le poney (le poney, oui, mais le poney mort en plus).

Alors au lieu de sentir légèrement la transpiration, on dégageait une odeur du genre de celle que pourrait dégager un fennec croisé avec un Saint-Nectaire enfermé une semaine dans une valise.
L’avantage c’est qu’on était peinard au refuge. Même les ours ont fuit notre odeur pestilentielle.



Mine de rien, jours après jours, nous faisions notre petit bonhomme de chemin, et ça allait de mieux en mieux (bon forcément, les sacs étaient aussi de plus en plus léger), jusqu'à ce jour fatidique de la montée de la cascade D’Ars.

Tous ceux qui ont fait un peu de vélo connaissent le célèbre coup de fringale.
Ben là c’était pareil, infoutu de mettre un pied devant l’autre (ni même un pied derrière l’autre, auquel cas je me serai retourné et aurai continué en marche arrière).

Après une bonne nuit (à la belle étoile, car nous étions 5 gars pour une tente de … 3), je sais pas ce qui s’est passé.

Tous ceux qui ont un peu suivi le vélo savent que c’est louche de gazer dans une étape de montagne le lendemain d’une défaillance.
Le célèbre Lance Armstrong l’a pourtant fait sur le tour 2006 (et en effet, c’était louche).
Ben moi je l’ai fait en août 2000.
Ce jour là je suis presque monté en courant, pourtant juré, j’avais rien pris (ou alors à l’insu de mon plein gré).

Une telle résurrection s’explique t’elle par la naissance ce jour là de ma filleule.
Pourtant c’était à environ 1000 bornes, et j’étais même pas au courant (de la date exacte, je savais quand même qu’elle allait naître, j’suis pas un parrain et oncle indigne).
Je ne peux pourtant pas m’empêcher de croire que des ondes positives m’ont portées ce jour là.


Enfin voilà, après une semaine à crapahuter, nous arrivâmes à Salau (au dessus de Oust et de Seix, si vous me croyez pas, regardez une carte).


Cette semaine a été étonnamment seiche : nous n’avons pas vu une goutte de pluie, jusqu'à ce qu’on ferme la porte de notre chalet d’arrivée !


Par Agali
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Vendredi 4 mai 2007
Mais un fois de plus ça s'est pas fait. Pour connaitre le début de l'histoire, c'est ici.

Cette fois, lors de mon dernier week-end à Hambourg, je reçoit un SMS.

C'est ma copine Polonaise qui me prévient qu'elle passe à Berlin les 6 et 7 Mai (pou rune manifestation culturelle, étudiante, associative, etc).

Tout heureux je lui demande quand elle est libre et regarde en même temps un calendrier et les horaires de train....

Si j'y vais, elle est libre dimanche à partir de 19h. Moi mon dernier train est à 21h53.

Sachant que de Bremen à Berlin le trajet dure environ 3h30, le bénefice d'un tel voyage me parait tout de même limité.

Bon, il nous reste quand même 9 ans pour faire mieux que la première fois !!!!!!!!

Par Agali
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Samedi 21 avril 2007

Bon même si on se l'était pas dit, c'est ce qui s'est passé, après s'être tourné autour pendant longtemps, à traver l'Europe.


Notre première rencontre, c'était en juillet 1996, lors d'un voyage en Pologne. Ne parlant pas Polonais (et elle pas Français), on a mis à profit notre brève rencontre (une heure max) pour tenter de communiquer en Anglais et échanger au moins nos noms et adresses.

Sitôt rentré, j'envoie ma lettre dans un Anglais pitoyable (et aidé d'un bon dico : à 16 ans quand on fait Allemand première langue, c'est pas facile), et espère une réponse.... qui arrive.


Les huit ans qui suivent, il ne se passe pas grand chose. On s'écrit plus ou moins régulièrement (4 à 5 fois par an), pendant que j'étudie à Tarbes, elle en profite pour passer un an aux USA, et un autre en Italie. Malgré la distance et nos statuts d'étudiants (donc pauvres), l'envie de se revoir commence quand même à pointer son nez.


C'est là que les choses se compliquent. Je quitte ma région Toulousaine pour Hambourg, donc me rapprochant de la Pologne, je lui propose de lui rendre visite : elle me réponds qu'elle aurait bien voulu, étant en Italie, venir me voir à Toulouse....

Le pire reste à venir, quand je reçoit un mail où elle me dit qu'elle est en transit par Hambourg, et qu'elle peut retarder sa correspondance pour passer un moment avec moi. Sauf que j'étais sur Toulouse pour le travail à cette date...


Enfin en début d'année dernière, elle m'écrit qu'elle est pour un an à Bruxelles. Cette fois, je suis à Brême, mais assez de tergiversations, je décide d'aller passer un week-end là bas.

Je passerai sur mon problème internet qui nous a interdit tout contact entre le moment où j'ai réservé mes billets d'avion et l'avant veille du départ.


C'est donc par un beau matin de Mai 2006 que je débarque à Bruxelles pour retrouver tout un week-end une fille que j'avais vu une heure 10 ans plus tôt.

Ces retrouvailles se sont très bien passé, mais une lourde hospitalisation l'été suivant m'a empêché (et m'empêche encore) de voyager et de la revoir.


Elle m'a écrit il y a environ une semaine : elle retourne en Pologne, continue à vadrouiller, et je reste plus ou moins immobilisé à Brême.


Bref retour à la case départ.


J'espère quand même la revoir avant 2016....

Par Agali
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Mercredi 18 avril 2007

Cette aventure, c'est la plus belle qui me soit arrivée, pour le moment. Elle commence il y a quelques années, quand j'avais 8 ans. C'est l'age ou on aime retrouver les copains, écouter des histoires et partir à l'aventure. C'est aussi l'age ou partit 10 jours loin des parents fait un peu peur, mais où on est fier quand on revient.

Arrive la douzaine, on part toujours à l'aventure, mais plus seulement en rêve. On construit des caisses à savon pour dévaler une colline, on fait de la spéléo, on part camper le week-end... On a plus peur de quitter les parents, on est même plutôt content.
Enfin arrive l'été où pendant 2 semaines on se retrouve en pleine nature, et où un jour, on part avec 5 copains du même age faire une randonnée pendant 36 heures : cela veut dire une première nuit, entre copains, sans adulte pour nous surveiller : le bonheur.



Puis (le temps passe décidément très vite), on approche la quinzaine, on commence sérieusement à penser aux filles, et aux voyages un peu plus lointains. Midi Pyrénées, c'est joli mais on a envie de partir plus loin. Pourquoi pas les Vosges ? Puis sur la lancée l'année d'après la Pologne.
Trois semaines dans ce pays ont été une grande expérience, on découvre vraiment un autre monde. On découvre aussi Auchwitz, ça fait frémir. On a beau avoir 16 ans, on se fout pas de tout.

A cet age on a peur de rien, mais on connaît pas la Vodka. Et un beau matin, on se réveille avec notre première gueule de bois. Et avant de partir, on goûte aux charmes des filles de l'est (pas trop quand même, les adultes qui nous encadrent sont pas loin).



Et alors à 18 ans, c'est la liberté totale. Avec un permis de conduire et plus d'adultes qui nous surveillent, on se lâche. Direction l'Espagne, dans une grosse voiture (merci papa), un peu vielle et franchement fatiguée.

Passer les Pyrénées avec les ventilateurs en panne c'est pas trop un problème, mais une fuite de liquide hydraulique dans une XM, ça veut dire, dans l'ordre, plus de suspension, puis plus de direction assistée et enfin plus de freins. Heureusement la piste forestière qui nous amène au lieu de camp monte, les freins ne seront pas trop utiles. Mais dés les premiers lacets le manque de direction assistée commence à se faire sentir dans les bras.
Et tout bien réfléchit elle montre trop cette piste, et sans ventilation la température du moteur dépasse vite 100°. Obligé de s'arrêter, de laisser refroidir (en Juillet dans les Pyrénées espagnoles, ça peut prendre un certain temps). On repart enfin. Pas pour longtemps car l'aiguille s'affole encore. Marre de cette bagnole, on vas finir à pieds et on récupérera la voiture quand il fera plus frais. Les deux derniers kilomètres sont longs et le soleil n'a aucune pitié. Mais la récompense est au bout : on découvre le village que l'on vas restaurer pendant 3 semaines avec une centaine d'autres jeunes venus de toute l'Europe.

Cette longue aventure, après en avoir profité, je veux la faire partager aux autres. Cette aventure s'appelle « Scouts de France » (vous l'aviez peut être déjà deviné). C'est le vrai scoutisme, loin des films avec Jugnot, loin de ce qu'en disent les médias avec des prêtre fous qui envoient des jeunes mourir en mer, loin des chefs sadiques et parfois pédophiles. C'est le scoutisme qui développe l'indépendance, le sens du partage et du service, et qui permet de découvrir et de vivre des choses merveilleuses. Pendant trois ans je m'occupe de jeunes entre 11 et 15 ans, essayant de leur faire vivre ce que j'ai tant apprécié. De les faire grandir, comme toutes ces expériences m'ont fait grandir.

Mais à coté je continue de rêver, de vouloir découvrir le monde et de rendre service.

Cette fois c'est un mois au Niger, à la découverte des gens, de leurs difficultés et de leur joie de vivre. On part à quatre soigner des lépreux et s'occuper des enfants du village. Je découvre aussi les joies du paludisme. Mais je reparlerai peut être plus tard de ce voyage. Le plus dur et le plus enrichissant que j'ai jamais entrepris.

Hélas un jour on devient adulte, et les études et le travail vous empêchent de suivre vos rêves.

Et après 15 ans comme ça c'est dur de tourner la page. Le dernier soir, à la fin d'un camp de 15 jours avec des gamins formidables, on ne peut s'empêcher des rester à regarder le feu s'éteindre, en versant quelques larmes en repensant à toutes ces choses formidables qui vous sont arrivées.

Par Agali
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